Déficit CPT2

Forme infantile

La forme infantile du déficit en carnitine palmitoyl transférase II (CPTII), une maladie métabolique héréditaire qui affecte l'oxydation mitochondriale des acides gras à longues chaînes (AGLC), constitue la forme à début précoce du déficit en CPTII (voir ce terme).

Elle a été identifiée chez environ 30 familles.

La maladie peut se déclarer dans la période néonatale mais dans la plupart des cas, l'âge de début varie entre 6 et 24 mois. Elle est caractérisée par une intolérance sévère au jeûne entraînant des troubles métaboliques tels qu'une hypoglycémie avec hypocétonémie entraînant un coma et des convulsions et une encéphalopathie hépatique entraînant une insuffisance hépatique. Peuvent être associées une myopathie squelettique et une cardiomyopathie pouvant entraîner des arythmies cardiaques paroxystiques fatales.

La forme infantile est due à des mutations faux-sens du gène CPT2. Contrairement à la forme myopathique (voir ce terme), les mutations S113L n'ont jamais été détectées dans la forme infantile.

Le diagnostic se base initialement sur une spéctrométrie de masse des acylcarnitines plasmatiques, suivie d'un test génétique et d'un dosage de l'activité enzymatique de CPT2 sur les lymphocytes circulants, les muscles ou les fibroblastes en culture.

Le diagnostic différentiel inclut le déficit en carnitine-acylcarnitine translocase et le déficit en acyl-CoA déshydrogénase à chaîne très longue (voir ces termes).

Le diagnostic prénatal est disponible par des tests enzymatiques et moléculaires.

La transmission est autosomique récessive.

Le traitement consiste à éviter l'intolérance au jeûne par un apport calorique d'origine glucidique pendant les périodes de maladie fébrile ou de maladie gastrointestinale. Lorsque l'état est stable, un régime faible en graisses et riche en carbohydrates est initié. Dans les formes les plus sévères, il est nécessaire d'assurer un apport calorique continu pendant la nuit par l'apport de glucides à libération lente tels que de lafécule de maïs. Un régime de complémentation alimentaire en triheptanoïne a également été suggéré. Les niveaux de carnitine plasmatique peuvent être bas et une administration de L-carnitine est également utilisée dans le traitement. Cependant, cette approche n'a pas été validée par des études contrôlées.

La forme infantile peut entraîner une mort subite pendant la petite enfance due, en général, à des arythmies cardiaques paroxystiques. Ceci est particulièrement vrai pour les cas non-diagnostiqués. Un diagnostic précoce par dépistage néonatal a pu mettre en évidence quelques cas pré-symptomatiques ce qui semble améliorer le pronostic.

Forme myopathique

La forme myopathique du déficit en carnitine palmitoyl transférase II (CPTII), une maladie métabolique héréditaire qui affecte l'oxydation mitochondriale des acides gras à longues chaînes (AGLC), est la forme la plus courante et la moins sévère du déficit en CPTII (voir ce terme).

Environ 300 cas ont été décrits dans la littérature mais ce nombre pourrait sous-estimer la prévalence de la maladie.

L'âge du début de la maladie varie entre 1 et 61 ans, avec 70% des cas apparaissant durant l'enfance. La maladie est plus courante chez les individus de sexe masculin, ce qui reflète probablement un biais induit par leur exposition plus fréquente à l'effort physique. Les manifestations cliniques se caractérisent par des épisodes récurrents de rhabdomyolyse, des douleurs musculaires et une fatigue, déclenchés par l'effort physique prolongé et aggravés par les extrêmes de température ; les épisodes peuvent également être provoqués ou aggravés par un jeûne prolongé, comme par exemple lors de maladies virales intercurrentes. Les épisodes de rhabdomyolyse peuvent être associés à une élevation extrême du taux de créatine phosphokinase (CPK) sérique et à une myoglobinurie (75% des cas) et peuvent entraîner une insuffisance rénale (dans 8-25% des cas, mais nécessitant rarement une dialyse). Les patients sont asymptomatiques entre les épisodes de rhabdomyolyse.

La forme myopathique du déficit en CPTII est due à de nombreuses mutations faux-sens du gène CPT2. Chez les Caucasiens, la mutation la plus fréquente (60%) est la mutation p.Ser113Leu qui affecte la stabilité enzymatique.

Le diagnostic se base initialement sur une spéctrométrie de masse des acylcarnitines plasmatiques, suivie d'un test génétique et du dosage de l'activité enzymatique de CPT2 sur les lymphocytes circulants, les muscles ou les fibroblastes en culture.

Le diagnostic différentiel pour la forme myopathique inclut la maladie de McArdle, la dystrophie musculaire de Duchenne, le déficit en cytochrome c oxydase (voir ces termes), le déficit du complexe II et la rhabdomyolyse due entre autres à un effort physique excessif, des infections, des réactions autoimunes ou au syndrome des neuroleptiques.

La transmission est autosomique récessive. Si la mutation responsable de la maladie est identifiée chez un individu atteint, un diagnostic rapide par test génétique moléculaire peut être offert à l'entourage afin de réduire la morbidité et la mortalité.

Le traitement consiste à éviter un jeûne prolongé (> 12 h) et se base sur un régime pauvre en graisses et riche en carbohydrates accompagné d'une restriction des exercices physiques qui permet d'éviter les douleurs musculaires et la rhabdomyolyse. L'administration de L-carnitine et un régime de complémentation alimentaire en triheptanoïne ont été proposées pour le traitement de la maladie ; toutefois leurs avantages n'ont pas été prouvés.

La forme myopathique a un bon pronostic.

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